jeudi 24 juillet 2014

prix d'encouragement de la Marquise de Sévigné au concours des Cordées de l'APF



Cher ami,
En cette période troublée je me réjouis d’échanger avec vous mes états d’âme et mes souhaits les plus chers, les plus secrets même si j’ai osé un temps vous rejetez pour des idées non partagées.
Par bonheur, vous m’avez pardonnée ma déconvenue.
N’est-ce pas la pluralité des pensées qui constitue la richesse de notre société ? Parfois je me montre trop intransigeante ; dieu merci, je vous ai retrouvé, merci encore cher ami de m’avoir autorisé à garder votre amitié.
Je suis lasse de me battre pour plus d’humanité, le monde s’agite en tous sens quitte à s’autodétruire, c’est à qui sera le maitre tout puissant, c’est à qui régnera sur les richesses de notre planète. Pourquoi autant d’avidité ?
Même notre forêt est devenue marchandise, celle grâce à laquelle nous respirons, je ne reconnais plus nos paysages limousins ; les plateaux ne ressemblent plus qu’à des pentes arides, dénudées, piétinées par des engins de mort, écrasant tout sur leur passage faune et flore.
Ami, j’étouffe et me sens démunie devant autant de violence.
Allons-nous tous nous retrouver enfermer dans des bulles de verre avec air et soleil artificiels.
Quel horrible scénario, je ne pourrai y survivre !
Désolée de vous déverser toute ma rancœur et de vous infliger mon pessimisme !
Je vous serais vraiment reconnaissante de me dire si je vous ennuie et si mes  propos vous contrarient ; rien ne me serait plus pénible que de vous  importuné.
Mais je ne peux me soustraire à vous confier ma réflexion ; notre civilisation est-elle arrivée à son apogée pour s’autodétruire comme d’autres l’ont fait précédemment ?
Les hommes ne trouveront-ils jamais la force et la raison de s’aimer, de s’aider, de se protéger mutuellement ?
Pourquoi transforment-ils toujours en enfer ce qui pourrait être un paradis ?
Je sais cher ami que ni vous ni moi ne pourront seuls réduire  ces difficultés à vivre !
Notre terre avec nos connaissances pourrait se suffire et nourrir tout ses habitants, pourquoi est-ce si compliqué voir impossible à réaliser ?
Je rêve d’un monde où les artistes et les poètes seraient des guides, où la nature serait libre  de toutes ses  extravagances de couleurs, de formes, de parfums où tout être vivant accèderait à son havre de paix, je rêve.
Ami, croyez-vous qu’un jour la paix devienne la raison de vivre de tout un chacun ?
Les tourterelles symboles de la paix sont nombreuses dans nos campagnes, est-ce pour porter l’espoir que les décideurs les ont installées ou juste un leurre pour détourner notre attention de leur vilenie ?
Le spleen me gagne et si je veux survivre il ne me reste plus que la voix des artistes d’où qu’elle vienne pour m’accompagner mes dernières années.
Et pour garder en mémoire la beauté de la nature je continuerai à photographier mes arbres de lumière tant qu’il en restera.
Ami, vous le porte-parole et le défenseur des créateurs accepterez-vous de m’accompagner dans ma quête ?
Je sais que ma question va vous surprendre, vous que j’ai repoussé parce que vous m’avez avoué être royaliste et aujourd’hui je vous propose une association !
 Un royaliste et une anarchiste !
Qu’elle drôle d’union ! et peu importe ce que nos connaissances respectives pourront en dire, laissons les à leurs commentaires, montrons-leur juste la voie de la tolérance.

Quel est à vos yeux le plus important parmi ces trois mots, royaliste, anarchiste et amitié ?
N’est-ce pas l’amitié ?

Peu importe qui nous sommes, tendre la main à l’autre en oubliant nos différences, voilà un geste d’Amour.
Chacun ne peut-il faire l’effort nécessaire à la réconciliation entre les hommes pour la sauvegarde de notre planète et la continuité des espèces en toute liberté ?
Je ne connais pas la réponse et cette période de tourment qui nous inonde ne m’encourage pas à l’optimisme mais je veux croire que nos enfants sauront construire un monde d’harmonie.
Si je vous confie mes pensées les plus intimes, c’est que votre amitié m’est précieuse et m’apaise pour poursuivre ma destinée jusqu’au jour du grand départ.
J’espère ne pas abuser de votre bienveillance et de votre compréhension.
Cher ami j’ai hâte de vous retrouver pour partager ces instants si doux et conviviaux de création qui jalonnent votre vie.
Bien affectueusement
Votre amie




1 commentaire:

CLAUDINE POUPARD-CITRON a dit…

Je me suis régalée en écrivant ce texte