samedi 30 juin 2012


Monsieur le Président,

Depuis plusieurs mois, un mot heurte mes oreilles régulièrement, de manière récurrente ; il se tait et réapparait, peut-être que personne ne sait comment constituer son dossier, comment le définir pour enfin le répertorier et le classer une bonne fois pour toute et celui qui trouble nos esprits et le vôtre également Monsieur le Président, c’est le mot « dépendance ».
Autant d’interrogations, de discussions autour de quatre syllabes communes a suscité ma curiosité et m’a incitée à étudier ce phénomène.
Avant toute chose,  j’ai choisi d’étudier la signification de ce terme par le biais de ses synonymes et là une révélation m’est offerte par mon petit dictionnaire.
La première équivalence « servitude » m’inquiète un peu d’autant que la suivante « esclavage » n’est guère plus rassurante. Ces locutions peu sympathiques me mettent mal à l’aise et je réalise que je suis dépendante ou si vous préférez asservie, esclave et par la même occasion je comprends mieux le désordre qui a envahi votre esprit et ceux  des membres de votre gouvernement ;  accepter nos faiblesses n’est pas facile surtout lorsque l’on se trouve au sommet de l’Etat, de la République Démocratique.
Oui Monsieur le Président je suis dépendante, de ma voiture pour aller à mon travail, de mes lunettes pour voir de près et de loin, de l’eau qui coule au robinet et qui me permet  de boire de préparer mes repas, de me laver, de la forêt qui assure mes besoins en  oxygène, de mon médecin  quand je suis malade, de ma famille qui m’apporte son soutien dans les moments difficiles , son affection  nécessaire à ma respiration, de tout ceux qui cultivent la nourriture que je consomme chaque jour, de mes amis pour la joie, la peine, le partage, toute ma vie au quotidien depuis ma naissance et il en sera ainsi  jusqu’après ma mort ; je suis partie intégrante d’un tout, l’Univers, et chacun d’entre nous participe et est impliqué  dans la construction  de ce Tout et chacun  est en corrélation  avec l’environnement immédiat et cosmique.
J’ai continué ma quête et la lecture du troisième synonyme « solidarité » m’a rassurée et réconfortée ; tous ces liens vitaux ne sont que des relations de fraternité, d’entraide, de collaboration. Maintenant tout est plus clair, plus simple ; nous n’avons plus aucun souci à avoir puisque chacun de nos besoins est pourvu par un être vivant quelque part sur cette planète.
Ainsi Monsieur le Président une personne paraplégique  bénéficiera  d’un fauteuil roulant fabriqué par un quidam de cette terre et pourra compter sur la solidarité nationale pour une aide financière, un enfant africain grâce à une ONG humanitaire pourra participer  à l’installation d’un puits dans son village afin qu’il puisse étancher sa soif de vivre, les vieux qui ont durement travaillé de longues et laborieuses décennies et qui malgré cela bénéficie d’une retraite modeste voir très modeste pourront compter sur la solidarité nationale pour financer leurs soins et leur donner accès à une fin de vie qui préserve leur identité et leur dignité grâce à la mise en place de services d’aide à la personne.
Mais au-delà de toute cette considération matérielle de la dépendance c’est avant tout reconnaitre et accepter les différences de chacun, accepter l’unicité et la complexité de l’être humain, en accepter ses richesses  ce qui est incompatible avec la classification que les grands de ce monde perpétuent  et  nous imposent  cherchant à instituer l’uniformisation.
Je vous le dis tout net Monsieur le Président cette pratique est inacceptable laissant pour compte trop d’hommes, de femmes et d’enfants, errant à la dérive, sur les berges d’une société matérialiste, égoïste en perdition. Il ne reste à tous ces êtres plus morts que vivants que l’énergie de la survie.
Savez-vous Monsieur le Président que dans notre beau pays le nombre de morts par suicide est plus élevé que celui par accident de la route ? Savez-vous Monsieur le président  que le suicide chez les personnes âgées et chez les adolescents est en constante progression ? Nos ainés préfèrent mourir que d’être à la charge de leurs enfants et nos jeunes ne trouvent aucune solution pour se construire une vie digne, faite de projets puisque vous nous répéter en boucle que tout va mal, qu’il nous faut  faire encore et toujours des économies.
Monsieur le Président c’est notre société qui est malade et qui engendre la Dépendance, la Dépendance au « tout matériel » qui endort les esprits et qui détruit ce qui fait l’essence même de la vie, l’Humanitude .
Un « SDF » est dépendant d’un logement pour trouver un travail et est dépendant d’un travail pour trouver un logement, qu’elle est sa solution Monsieur le Président ?
Quand allez-vous Monsieur le Président commencer à détricoter ce système de dépendance au tout puissant « Argent » qui prend aussi l’appellation de finances, spéculation, bourse, Capital, budget…et je ne les connais pas toutes car voyez-vous Monsieur le Président , ce monde là n’est pas le mien et si je vous écris c’est que mon monde à moi est très inquiet et s’indigne  de constater que votre univers  étouffe progressivement et sournoisement par son régime,  mon univers,  et Monsieur le Président, je vous le clame haut et fort j’entre en résistance et espère que vous vous rallierez à ma cause le respect des Droits de l’Homme, droits qui sont les fondements de notre République Démocratique.
Monsieur le Président  je compte sur vous  pour lors de vos nombreux voyages faire passer le message de l’Humanitude.
Et pour nous prouver vos nobles intentions, peut-être pourriez- vous voyager dans un avion de ligne comme tout un chacun, en toute simplicité  de manière à réduire considérablement le coût de vos déplacements.
Imaginer combien de fauteuils, d’appareillages, combien de personnes pourraient être rémunérées pour aider dans la vie quotidienne ceux qui ont une perte d’autonomie ! Seriez-vous dépendant de votre train de vie de monarque alors que tant d’entre nous sont dépendants de Pôle Emploi  juste pour pouvoir manger !

Monsieur le Président sachez que même si vous n’êtes pas dans un fauteuil roulant, ce que j’espère vous ne connaitrez jamais, vous êtes sur un siège éjectable de la grande roue de la politique et vous aussi Monsieur le Président vous êtes dépendant, dépendant de la voix des urnes.
En tant que Président vous pourriez, Monsieur, choisir de remplacer le mot dépendance par son synonyme sympathique  solidarité, le peuple vous en serait peut-être reconnaissant.
Et pour conclure Monsieur le Président je n’ajouterai qu’une seule phrase : et si la dépendance était juste une question  d’Amour dans le respect de l’Autre ?
Méditez, Monsieur le Président, méditez,
Vous avez un échéancier…


2ème prix l'herbe rouge du 5ème concours international des Cordées (l'APF et Regards)

3 commentaires:

beatrice De a dit…

Bonjour ma chère Dame.

Comment vas la vie dans votre belle région !?
Le championnat de France d'orpaillage vas se tenir dans la même région que l'année passée, donc, dans votre région. Je n'irais pas, étant un peu *vidée*, après le stress de mon expo de colliers, que vous avez peut-être suivit sur le blog.Un petit coucou de Lausanne.

beatrice De a dit…

mais, mais, mais, mais, mais.

Des textes pour vous sur mon blog. Je n'ai pas fais le rapprochement entre les deux titres.

je raconte * notre histoire *. je suis la dame suisse qui était de passage dans votre région. Et vous, vous n'avez pas réalisé la chose quand je me suis abonnée à votre blog.

Un petit coucou de lausanne.

CLAUDINE POUPARD-CITRON a dit…

malheureusement je suis trop loin de Lausanne, sinon je vous rendrais visite pour voir vos merveilles de plus près...un jour peut être...
vous avez le bonjour de mon ami peintre et relieur Wilfried atelier de la conciergerie
à bientôt
claudine